Les 12 mots de ce thème, expliqués en français courant : ce que c'est, à quoi ça sert, et ce qu'un résultat peut signifier. Cliquez sur un mot dans le sommaire pour y aller directement.
Le curcuma (curcumine)
l'épice jaune du curry : une molécule qui calme l'inflammation en essais, mal absorbée seule — le poivre aide, les compléments concentrés ont leurs précautions.
Le curcuma colore le curry ; sa molécule active est la curcumine. Elle est la plus étudiée de toutes les épices, et c'est là le piège : la plupart des essais utilisent des extraits concentrés en gélules, pas la pincée du plat.
l'épice la mieux étudiée contre les nausées ; les preuves sont plus nettes pour la grossesse que pour la chimiothérapie, et les compléments concentrés demandent de la prudence avec les anticoagulants.
Le gingembre doit son piquant aux gingérols. C'est l'une des épices les mieux étudiées, surtout pour les nausées.
la cannelle sucre le goût sans sucre ; son effet sur la glycémie est contesté, et la cannelle courante (cassia) contient de la coumarine à ne pas dépasser.
La cannelle est l'écorce séchée d'un arbre. Son atout le plus sûr est culinaire : elle sucre le goût sans sucre (yaourt, porridge, dessert).
l'ail baisse un peu le cholestérol et, chez les personnes à tension élevée, un peu la tension ; les sources consultées ne chiffrent pas le risque de saignement.
L'ail libère de l'allicine quand on l'écrase ou le hache : on le laisse reposer quelques minutes avant la cuisson.
les gros mangeurs de piment vivent un peu plus longtemps dans les études d'observation, mais ce n'est pas une preuve : l'effet réel est surtout de relever le plat sans sel.
Le piment pique par sa capsaïcine, qui active un récepteur de la chaleur et de la douleur. En crème, elle est utilisée contre certaines douleurs locales. Mangée, sa réputation vient surtout d'études d'observation.
le cumin donne du goût sans sel ; les essais sur la glycémie sont petits et préliminaires.
Le cumin est une graine au parfum chaud, pilier des cuisines indienne, nord-africaine et mexicaine. Son vrai mérite est culinaire : il donne du goût sans sel.
Les épices : trois niveaux de preuve
curcuma, gingembre, ail, cannelle, piment, safran, poivre, réglisse… : ce qui est solide, ce qui est prometteur, ce qu'on ne peut pas promettre — et les précautions avec les médicaments.
Les épices ont longtemps été à la fois un condiment et un remède, et la frontière entre les deux était floue. Aujourd'hui, la science en mesure quelques effets — mais il faut distinguer trois niveaux de preuve, et c'est tout l'objet de cette page.
la pipérine du poivre noir aide à absorber le curcuma mais ralentit l'élimination de certains médicaments — surtout démontré en laboratoire.
Le poivre noir doit son piquant à la pipérine. En cuisine, c'est l'épice du quotidien ; en santé, elle intéresse pour une raison : elle change ce que le corps fait des autres molécules.
la réglisse peut faire monter la tension et baisser le potassium, parfois dès 100 mg de glycyrrhizine par jour — à éviter si on est hypertendu.
La réglisse (bâton, bonbons, tisanes, certains sirops) contient de la glycyrrhizine. Ce n'est pas une épice de cuisine courante, mais elle est souvent consommée sans qu'on y pense.
en cuisine, aucun souci ; l'huile essentielle de girofle est dangereuse pour le foie des enfants si elle est avalée.
Le clou de girofle est le bouton séché d'un arbre ; sa molécule principale est l'eugénol. Il parfume le bouillon, le pain d'épices et les vins chauds.
Le safran
dans de petits essais, 30 mg d'extrait de safran par jour ont amélioré les dépressions légères à modérées autant que certains antidépresseurs — mais ce n'est pas la dose de la cuisine.
Le safran est le stigmate séché d'une fleur de crocus ; c'est l'épice la plus chère du monde. Il colore et parfume la paella et le risotto.
l'huile de menthe poivrée en capsules gastro-résistantes aide le côlon irritable à court terme ; les effets indésirables sont surtout le reflux et la gêne digestive.
La menthe poivrée se mange en feuilles, en infusion ou, pour la santé, en huile essentielle en capsules spéciales. Les études portent surtout sur ces capsules.
Bon à savoir. Ce décodeur explique les mots ; il ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas votre médecin. Un résultat isolé ne veut rien dire seul : c'est l'ensemble, et votre situation, qui comptent.