Les 47 mots de ce thème, expliqués en français courant : ce que c'est, à quoi ça sert, et ce qu'un résultat peut signifier. Cliquez sur un mot dans le sommaire pour y aller directement.
IPP
les antiacides
Les inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole, pantoprazole…) réduisent fortement l'acidité de l'estomac. Très efficaces contre le reflux et les ulcères, ils sont aussi très — parfois trop — prescrits, et poursuivis au long cours sans réévaluation. Un usage prolongé peut gêner l'absorption de certaines vitamines et minéraux (B12, magnésium, fer). L'idée n'est pas de les diaboliser, mais de vérifier régulièrement avec son médecin s'ils sont encore nécessaires.
AINS
les anti-inflammatoires (ibuprofène…)
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, diclofénac…) calment douleur, fièvre et inflammation. Utiles ponctuellement, ils ne sont pas anodins sur la durée : ils peuvent agresser l'estomac, malmener les reins et faire monter la tension. On les prend à la dose la plus basse, le moins longtemps possible, et avec prudence en cas de problème rénal, cardiaque ou digestif.
Corticoïdes
de puissants anti-inflammatoires (la « cortisone »)
Les corticoïdes (« la cortisone » : prednisone, dexaméthasone…) sont de puissants anti-inflammatoires, précieux dans de nombreuses maladies. En cure courte, ils rendent de grands services ; au long cours, leurs effets sont connus (prise de poids, sucre qui monte, os fragilisés, sommeil perturbé). On ne les arrête jamais brutalement après une longue prise : la dose se diminue progressivement, sur avis médical.
ATB
les antibiotiques (contre les bactéries)
Les antibiotiques tuent ou bloquent les bactéries — ils sont sans effet sur les virus, donc inutiles sur la plupart des rhumes et grippes. Bien utilisés, ils sauvent des vies ; utilisés à tort ou à moitié, ils poussent les bactéries à devenir résistantes, un vrai problème collectif. On respecte la durée prescrite, en gardant en tête qu'ils bousculent aussi le microbiote intestinal, parfois durablement.
ISRS · IRSN
des familles d'antidépresseurs
Des familles d'antidépresseurs qui augmentent la disponibilité de la sérotonine (et, pour les IRSN, aussi de la noradrénaline) dans le cerveau. Ils mettent souvent deux à quatre semaines à agir, servent aussi dans l'anxiété, et se diminuent progressivement à l'arrêt — jamais du jour au lendemain. Comme tout médicament, ils ont des effets indésirables possibles : c'est une balance bénéfice/inconvénient à ajuster avec le médecin.
IMAO
une ancienne famille d'antidépresseurs
Une ancienne famille d'antidépresseurs, aujourd'hui rarement prescrite car elle impose des précautions strictes : certains aliments riches en tyramine (fromages affinés, charcuteries, vin) et beaucoup de médicaments deviennent dangereux en association. Efficaces mais contraignants, ils ont été supplantés par des familles plus maniables.
IEC · ARA II
des médicaments contre l'hypertension
Des médicaments très utilisés contre l'hypertension et pour protéger le cœur et les reins. Ils bloquent une hormone (l'angiotensine) qui resserre les vaisseaux : les artères se détendent, la tension baisse. Les IEC provoquent parfois une toux sèche caractéristique ; on passe alors souvent aux ARA II (« sartans »), qui agissent de façon voisine sans ce désagrément. Ils protègent particulièrement les reins des personnes diabétiques.
Bêta-bloquant
ralentit le cœur et baisse la tension
Les bêta-bloquants ralentissent le cœur et abaissent la tension en freinant l'effet de l'adrénaline. On les utilise dans l'hypertension, après un infarctus, dans certains troubles du rythme et l'insuffisance cardiaque. Ils peuvent donner de la fatigue, des extrémités froides, des rêves agités. On ne les arrête pas brutalement : l'arrêt se fait en douceur, pour éviter un effet rebond sur le cœur.
Statines · PCSK9
des médicaments anticholestérol
Les statines réduisent la fabrication de cholestérol par le foie et font baisser le LDL, ce qui diminue le risque d'infarctus et d'AVC chez les personnes à risque. Certaines ressentent des douleurs musculaires ; on ajuste alors la dose ou la molécule. Quand les statines ne suffisent pas ou ne sont pas tolérées, des traitements plus récents (les anti-PCSK9, en injection) abaissent le LDL très fortement. Le but n'est jamais un chiffre pour lui-même, mais la baisse du risque global.
AVK · AOD
des anticoagulants (qui fluidifient le sang)
Des anticoagulants qui « fluidifient » le sang pour empêcher les caillots (après une phlébite, une embolie, dans la fibrillation…). Les AVK (warfarine) sont efficaces mais exigent des prises de sang régulières (l'INR) et interagissent avec l'alimentation et d'autres médicaments. Les AOD, plus récents, agissent sans ce suivi sanguin. Dans les deux cas, le risque à surveiller est le saignement : tout saignement inhabituel se signale.
Metformine
le premier médicament du diabète de type 2
La metformine est le premier médicament du diabète de type 2 : elle aide le corps à mieux utiliser sa propre insuline et réduit le sucre fabriqué par le foie, sans faire chuter dangereusement la glycémie ni faire prendre du poids. Elle donne parfois des troubles digestifs au début, qui s'atténuent en montant la dose progressivement et en la prenant au repas. Sur le long cours, elle peut réduire l'absorption de la vitamine B12.
Générique · princeps
même molécule, marque différente · le médicament d'origine
Le princeps est le médicament d'origine, inventé et breveté ; le générique est sa copie légale, commercialisée quand le brevet tombe. Même molécule active, même dose, même efficacité — seuls l'apparence, le nom et les excipients (ingrédients inactifs) diffèrent. C'est ce qui explique un comprimé d'une autre couleur pour le même traitement, à moindre coût.
Posologie
la dose et le rythme de prise
La posologie, c'est la dose d'un médicament et le rythme auquel on le prend : combien, quand, pendant combien de temps. La respecter est essentiel — trop peu peut être inefficace, trop peut être toxique — et certains médicaments se prennent à heure fixe, à jeun ou au contraire au repas. En cas de doute, le pharmacien est là pour ça.
Effet indésirable
un effet secondaire non voulu
Un effet indésirable est un effet non voulu d'un médicament pris à la bonne dose, du plus bénin (bouche sèche, somnolence) au plus sérieux. Tout médicament efficace peut en avoir : ce qui compte est la balance entre le bénéfice attendu et le risque. Un effet gênant ou inattendu se signale au médecin ou au pharmacien (la « pharmacovigilance ») — jamais une raison d'arrêter seul un traitement important sans en parler.
ARA2
Antagoniste des récepteurs de l'angiotensine 2, ou « sartan » (losartan, valsartan) — comme les IEC contre l'hypertension, mais sans la toux.
AOD
Anticoagulant oral direct (Xarelto, Eliquis, Pradaxa) — fluidifie le sang comme les AVK, mais sans contrôle sanguin régulier.
Tricycliques
Une ancienne famille d'antidépresseurs (amitriptyline, imipramine) — efficace mais dangereuse en cas de surdosage (troubles du rythme cardiaque).
Salicylés
La famille de l'aspirine : des molécules qui fluidifient le sang, calment la douleur et la fièvre. On en trouve aussi dans des plantes (reine-des-prés) et des huiles (gaulthérie).
Huile essentielle
L'extrait très concentré et parfumé d'une plante, obtenu par distillation. Puissant : à diluer, et à ne jamais avaler sans conseil.
Hydrolat
L'eau florale qui reste après la distillation d'une huile essentielle : très douce, utilisable chez l'enfant et sur les yeux.
Chémotype
La « carte d'identité chimique » d'une huile essentielle : deux plantes du même nom peuvent contenir des molécules très différentes — le chémotype dit laquelle domine.
Teinture-mère
Un remède obtenu en faisant macérer une plante dans de l'alcool, qui en extrait et conserve les principes actifs. Se dose en gouttes.
Macérat
Un remède obtenu en laissant tremper une plante à froid dans un liquide (huile ou eau) pour en extraire les principes doux.
Décoction
Faire bouillir une plante (racines, écorces) quelques minutes pour en extraire les principes — au contraire de l'infusion, qu'on laisse simplement tremper.
Oxymel
Un remède ancien à base de miel et de vinaigre (souvent avec des plantes), qui adoucit et extrait à la fois.
Propolis
La résine dont les abeilles tapissent la ruche pour la stériliser : un antiseptique naturel, surtout pour la gorge et la bouche.
Gelée royale
La nourriture de la reine des abeilles, prise comme tonique de vitalité (les preuves restent modestes).
Électuaire
Une pâte de miel dans laquelle on incorpore des poudres de plantes — la plus ancienne façon de prendre un remède.
Phytothérapie
Se soigner par les plantes — la médecine végétale sous toutes ses formes (tisanes, teintures, macérats, baumes, huiles essentielles). La plus ancienne des pharmacies, dont la médecine moderne a tiré nombre de ses médicaments (aspirine, morphine, quinine).
Aromathérapie
La branche de la phytothérapie qui utilise les huiles essentielles — les extraits très concentrés et parfumés des plantes, obtenus par distillation. Puissante, donc à manier avec des règles de sécurité strictes.
Herboristerie
L'art de connaître, préparer et conseiller les plantes médicinales ; aussi la boutique où l'on trouve plantes sèches, tisanes et préparations.
Gemmothérapie
L'usage des bourgeons et jeunes pousses des arbres (en macérats), réputés concentrer l'énergie de croissance de la plante.
Hydrolathérapie
Se soigner avec les hydrolats (les eaux florales de distillation) — la version douce de l'aromathérapie, adaptée aux enfants et aux peaux sensibles.
Mycothérapie
L'usage médicinal des champignons (reishi, shiitake, cordyceps…), surtout pour soutenir l'immunité.
Double extraction
La méthode qui extrait à la fois les principes solubles dans l'eau et dans l'alcool (macération successive dans les deux) — indispensable pour les champignons médicinaux comme le reishi ou le chaga.
Infusion
Verser de l'eau chaude sur une plante (fleurs, feuilles) et laisser reposer — la préparation la plus simple. On n'infuse pas les parties dures (racines, écorces) : voir décoction.
Cataplasme
Une pâte de plante (fraîche écrasée ou poudre humidifiée) appliquée sur la peau pour soulager localement (contusion, piqûre, abcès).
Baume
Une préparation grasse et solide (huile + cire d'abeille) dans laquelle on a fait infuser une plante, à appliquer sur la peau.
Liniment
Une préparation huileuse liquide à masser sur la peau (par exemple le liniment oléo-calcaire : huile + eau de chaux).
Sirop (de plante)
Un extrait de plante conservé dans du sucre ou du miel, agréable à prendre — le classique des préparations pour la gorge.
Alcoolature
Une plante FRAÎCHE mise à macérer dans l'alcool. Proche de la teinture-mère, qui, elle, suit un dosage codifié.
Totum
La plante entière et l'ensemble de ses composés agissant ensemble, par opposition à une seule molécule isolée — le principe même de la phytothérapie.
Principe actif
La ou les molécules d'une plante responsables de son effet — mais qui agissent rarement seules (voir totum).
Mucilage
Des fibres visqueuses de certaines plantes (guimauve, lin, psyllium) qui gonflent dans l'eau et adoucissent la gorge ou l'intestin.
Tanin
Des composés astringents des plantes (thé, chêne, ronce) qui resserrent les tissus — utiles sur une diarrhée ou une petite plaie.
Flavonoïde
Une grande famille de pigments végétaux antioxydants et anti-inflammatoires (agrumes, baies, sarrasin).
Terpène
Les composés parfumés des plantes, base des huiles essentielles — d'où leur odeur et une partie de leurs effets.
Bon à savoir. Ce décodeur explique les mots ; il ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas votre médecin. Un résultat isolé ne veut rien dire seul : c'est l'ensemble, et votre situation, qui comptent.