Médicaments au long cours · Carences induites
Le Décodeur des médicaments
Un médicament pris pendant des années peut épuiser silencieusement une vitamine ou un minéral — B12, magnésium, CoQ10, potassium… Ici, pour chaque médicament : ce qu'il épuise, ce qu'il faut surveiller, et quoi demander à son médecin.
À lire d'abord. Ce décodeur n'est jamais un conseil d'arrêt. Aucun traitement ne se modifie ni ne s'arrête sans son médecin. Il sert à savoir quoi surveiller et quoi lui demander — c'est tout, et c'est déjà beaucoup.
Diabète
Metformine
L'antidiabétique de référence — efficace, mais qui appauvrit discrètement la vitamine B12.
Sulfamides hypoglycémiants et insuline (gliclazide, glimépiride, insulines)
Les traitements du diabète qui peuvent faire descendre le sucre trop bas — surtout si on saute un repas.
Estomac
IPP (inhibiteurs de la pompe à protons)
Les médicaments de l'acidité — prévus pour des cures courtes, souvent pris des années, au prix de plusieurs carences.
Antiacides (hydroxyde d'aluminium, de magnésium, carbonate de calcium)
Les bonbons du reflux : efficaces vite, mais pas faits pour durer, et ils gênent l'absorption d'autres médicaments.
Laxatifs (macrogol, lactulose, bisacodyl, séné)
Utiles pour dépanner, difficiles à arrêter : la famille compte beaucoup.
Cholestérol
Statines
Les médicaments du cholestérol — qui réduisent aussi, mécaniquement, la coenzyme Q10.
Ézétimibe et fibrates (Ezetrol, fénofibrate…)
Les compagnons des statines : discrets, mais l'association demande un œil sur les muscles et le foie.
Cœur et tension
Diurétiques
Les médicaments qui font uriner — efficaces contre la tension et l'œdème, mais grands videurs de minéraux.
Bêtabloquants
Les ralentisseurs du cœur — qui abaissent la CoQ10 et brouillent le signal de la mélatonine.
Aspirine à faible dose (Asaflow, Cardio-aspirine, Aspégic…)
Un « anti-caillot » du quotidien, pris des années pour protéger le cœur — avec un prix pour l'estomac.
Médicaments de la tension : IEC et sartans (périndopril, ramipril, losartan, valsartan…)
Les médicaments de la tension les plus prescrits — ils retiennent le potassium, il faut le vérifier.
Anticoagulants (warfarine, acénocoumarol, anticoagulants oraux directs)
Les « fluidifiants du sang » — la seule famille où l'assiette change l'effet du médicament.
Inhibiteurs calciques (amlodipine, nifédipine, lercanidipine…)
Des médicaments de la tension qui gonflent parfois les chevilles — et qu'on soigne alors, à tort, avec un diurétique.
Anti-inflammatoire
Corticoïdes au long cours
La cortisone au long cours — qui soulage puissamment, mais fragilise l'os dès les premiers mois.
Méthotrexate
L'immunomodulateur des maladies auto-immunes — qui agit précisément en bloquant les folates.
Allopurinol (Zyloric) — contre la goutte
Le traitement de fond de la goutte : il faut l'ajuster et le suivre, pas seulement le prendre.
Hormones
L-thyroxine (lévothyroxine)
L'hormone thyroïdienne de substitution — dont l'absorption est fragile et vite perturbée.
Pilule contraceptive
La contraception hormonale — qui grignote plusieurs vitamines du groupe B et quelques minéraux.
Traitement hormonal de la ménopause (œstrogènes, progestérone)
Un traitement dont le risque dépend de la forme, de la dose et de la durée — pas un oui ou non.
Système nerveux
Antidépresseurs (ISRS)
Les antidépresseurs les plus prescrits — dont le risque discret est la chute du sodium chez les plus âgés.
Anticonvulsivants (antiépileptiques)
Les antiépileptiques au long cours — qui abaissent la vitamine D et les folates.
Somnifères et calmants (benzodiazépines : lorazépam, bromazépam, zolpidem…)
Faits pour quelques semaines, pris des années — l'arrêt demande de la patience.
Antihistaminiques (cétirizine, loratadine, diphénhydramine…)
Contre l'allergie, mais aussi dans beaucoup de « somnifères » et de sirops : la génération compte, surtout après 65 ans.
Anti-infectieux
Antibiotiques
Précieux contre l'infection — mais qui bousculent le microbiote et la vitamine K qu'il fabrique.
Anti-douleur
Anti-inflammatoires (ibuprofène, diclofénac, naproxène…)
Les anti-douleurs de l'armoire à pharmacie — faits pour quelques jours, souvent pris des semaines.
Paracétamol
L'antidouleur le plus pris au monde — sûr à la bonne dose, mais qui consomme le glutathion du foie.
Anti-douleurs opioïdes (tramadol, codéine, morphine)
Pour la douleur qui résiste — à garder le moins longtemps possible et à arrêter par paliers.
Ibuprofène (Brufen, Nurofen, Advil…)
Le plus connu des anti-inflammatoires : bien pour quelques jours, avec des limites de dose, d'estomac, de reins et de tension.
Le livre completMédicaments au long cours et carences invisiblesTous les médicaments, les mécanismes de déplétion et la déprescription guidée — le livre dont ces fiches sont tirées.