Le Décodeur des médicaments · Système nerveux

Somnifères et calmants (benzodiazépines : lorazépam, bromazépam, zolpidem…)

Faits pour quelques semaines, pris des années — l'arrêt demande de la patience.

Noms de marque courants : Temesta, Lexomil (France), Xanax, Stilnox (France), Valium. Noms vérifiés le 21-10-2026 dans les bases officielles belge (AFMPS) et française (ANSM) ; « (Belgique) » ou « (France) » : vendu dans ce seul pays.

À quoi il sert

Apaisent l'anxiété et aident à dormir en renforçant un frein naturel du cerveau.

Ce qu'il épuise

Pas une carence en nutriment. Les revues retenues citent pour l'usage long, surtout chez la personne âgée : troubles de la mémoire, chutes, accidents de la route, dépendance.

Les signes possibles

Somnolence le jour, perte d'équilibre, mémoire qui flanche ; à l'arrêt trop rapide : anxiété, insomnie, tremblements et parfois convulsions.

Ce qu'il faut surveiller

Les chutes, la mémoire, la durée réelle du traitement par rapport à ce qui était prévu.

Ce qu'on peut faire

Demander au médecin un plan de sevrage progressif. Les revues parlent d'une baisse sur au moins 4 à 6 semaines, parfois plus de 10 semaines, et d'une meilleure réussite quand une thérapie comportementale du sommeil accompagne la baisse.

Et avec l'âge, ça se complique

Plus on avance en âge, plus cet appauvrissement compte. L'absorption baisse (moins d'acidité dans l'estomac, intestin moins efficace), les reins et le foie filtrent différemment — et surtout les médicaments qui épuisent se cumulent : après 60 ans, prendre cinq traitements ou plus est courant. Or les conséquences, elles, pèsent plus lourd : chute, perte de mémoire, fracture. C'est l'âge où une revue complète de l'ordonnance avec le médecin — et le pharmacien — prend tout son sens.

Précautions

⚠️ Un arrêt brutal après plusieurs mois est dangereux (convulsions possibles) : la baisse se fait toujours par paliers, avec le médecin.

Associations à connaître

Somnifère/calmant + opioïde À ne pas faire sans avis

L'agence américaine du médicament (FDA) impose depuis août 2016 un encadré d'avertissement : l'association peut provoquer une sédation profonde, une dépression respiratoire, un coma et la mort. Elle est réservée aux cas sans alternative, aux doses et durées minimales, avec surveillance de la respiration et de la somnolence.

Voir : Anti-douleurs opioïdes (tramadol, codéine, morphine)

Antihistaminique de première génération + somnifère ou calmant À surveiller

Les deux provoquent de la somnolence et ralentissent le cerveau, ce qui augmente les risques de chutes et de confusion chez les aînés. Les sources consultées décrivent ces effets pour chaque famille, mais pas pour l'association : l'accumulation reste un raisonnement prudent, pas un chiffre.

Voir : Antihistaminiques (cétirizine, loratadine, diphénhydramine…)

Liste non exhaustive, tirée des sources citées dans chaque encadré. Demandez toujours à votre pharmacien de vérifier l'ensemble de vos médicaments, y compris ceux sans ordonnance et les plantes.

Lire la notice officielle

La notice est propre à chaque boîte : elle dépend de la marque et du dosage. Choisissez la substance, puis repérez dans la liste le nom écrit sur votre boîte.

Lorazépam ↗Bromazépam ↗Alprazolam ↗Zolpidem ↗Diazépam ↗

Base officielle belge des médicaments (AFMPS). En France : base publique des médicaments.

L'essentielÀ ne pas arrêter d'un coup, mais à ne pas oublier non plus.

Pour aller plus loin — nos livres

Médicaments au long cours et carences invisibles

Information documentaire, pas un avis médical, et jamais un conseil d'arrêt : aucun traitement ne se modifie ni ne s'arrête sans son médecin. L'objectif est de savoir quoi surveiller et quoi lui demander.

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