Le Décodeur santé · thème

Molécules & mécanismes : tous les mots expliqués

Les 44 mots de ce thème, expliqués en français courant : ce que c'est, à quoi ça sert, et ce qu'un résultat peut signifier. Cliquez sur un mot dans le sommaire pour y aller directement.

IL-6 (interleukine 6)

une molécule messagère de l'inflammation, sécrétée notamment par la graisse du ventre

L'interleukine 6 (IL-6) est une molécule messagère que les cellules s'envoient pour déclencher et entretenir l'inflammation. En petite quantité, elle est utile — elle aide à combattre une infection. Mais la graisse abdominale en produit en continu, à bas bruit : c'est l'un des moteurs de l'inflammation chronique de bas grade, ce « feu » silencieux qui use le terrain année après année. C'est pourquoi perdre du tour de taille fait souvent baisser l'IL-6 et la CRP en même temps.

UCP1

la protéine qui fait brûler des calories en chaleur, dans la graisse brune

L'UCP1 est une protéine logée dans la graisse brune — ce tissu qui brûle de l'énergie pour produire de la chaleur au lieu de la stocker. Quand l'UCP1 s'active (au froid, par exemple), les cellules « gaspillent » des calories en chaleur : c'est la thermogenèse. C'est l'une des pistes pour expliquer pourquoi certaines personnes brûlent plus au repos que d'autres, et pourquoi l'exposition au froid est étudiée comme levier métabolique.

Inflammation de bas grade

un feu inflammatoire discret, sans fièvre, mais permanent

L'inflammation de bas grade, c'est un feu couvant : pas la rougeur chaude d'une plaie, mais une inflammation discrète, sans fièvre ni douleur, qui reste allumée en permanence à bas bruit. On ne la sent pas, mais année après année elle abîme les vaisseaux, dérègle le métabolisme et fait le lit de nombreuses maladies chroniques. C'est le fil rouge de toute cette collection santé : le terrain commun sur lequel on peut agir.

NF-κB

le commutateur maître de l'inflammation

NF-κB est une sorte d'interrupteur maître à l'intérieur des cellules : quand il s'active, il déclenche la fabrication des messagers de l'inflammation. Utile face à une agression ponctuelle, il devient problématique s'il reste allumé en permanence (stress, excès de sucre et de graisses, tabac). Beaucoup de leviers de l'alimentation anti-inflammatoire reviennent, au fond, à ne pas le laisser bloqué en position « marche ».

Cytokines

les messagers de l'inflammation

Les cytokines sont les messagers chimiques que les cellules immunitaires s'envoient pour coordonner la défense — certaines allument l'inflammation, d'autres l'éteignent. En équilibre, elles orchestrent une réponse juste ; en excès et en continu, elles entretiennent l'inflammation chronique. C'est un langage, pas un poison : tout est affaire de dosage et de durée.

Prostaglandines

des messagers locaux de l'inflammation et de la douleur

Les prostaglandines sont des messagers fabriqués localement, sur le lieu même d'une agression, pour déclencher inflammation, douleur et fièvre — mais aussi pour protéger l'estomac ou régler le flux sanguin. C'est en bloquant leur production que les anti-inflammatoires (AINS) calment la douleur… et, du même coup, agressent parfois l'estomac. Une molécule, plusieurs rôles.

Histamine · tyramine

la molécule des allergies · une substance de certains aliments (fromages, vins)

L'histamine est la molécule que le corps libère lors des allergies : elle dilate les vaisseaux, fait couler le nez, gratter, gonfler — d'où les médicaments « antihistaminiques ». On en trouve aussi dans certains aliments (fromages affinés, charcuteries, vin, poisson peu frais), qui peuvent provoquer des réactions chez les personnes sensibles. La tyramine, voisine, est celle qui rend certains fromages problématiques avec les anciens antidépresseurs (IMAO).

Glycation · AGE

le « caramélisage » des protéines par l'excès de sucre

La glycation, c'est le sucre en excès qui se colle aux protéines du corps et les « caramélise », formant des composés abîmés (les AGE). Comme une viande qui brunit à la cuisson, mais à l'intérieur de nos tissus, lentement. Cela rigidifie les vaisseaux, la peau, le cristallin, et accélère le vieillissement. C'est l'une des raisons de fond de limiter les pics de sucre répétés — et les cuissons très brûlées.

LPS

des fragments de paroi bactérienne qui passent une barrière intestinale poreuse

Les LPS sont des fragments de la paroi de certaines bactéries intestinales. Normalement retenus dans l'intestin, ils peuvent passer dans le sang quand la paroi devient trop poreuse — et là, même en petite quantité, ils allument l'inflammation. C'est l'un des ponts concrets entre un intestin en mauvais état et l'inflammation de bas grade du reste du corps.

CoQ10

la coenzyme Q10, un carburant de nos cellules

La coenzyme Q10 est un carburant que chaque cellule utilise pour produire son énergie, dans ses mitochondries — surtout les organes gourmands comme le cœur. Le corps la fabrique, mais sa production baisse avec l'âge, et certaines statines la font diminuer. C'est pourquoi on l'évoque parfois en complément, avec des preuves variables selon les situations.

DHA · EPA · ALA

les oméga-3 du poisson · l'oméga-3 végétal

Ce sont les oméga-3 : le DHA et l'EPA, surtout apportés par les poissons gras, et l'ALA, leur cousin végétal (lin, colza, noix) que le corps ne convertit que faiblement. Ils sont anti-inflammatoires et essentiels au cerveau, aux yeux et au cœur. L'enjeu n'est pas d'en avaler beaucoup dans l'absolu, mais de rééquilibrer le rapport avec les oméga-6, très majoritaires dans l'alimentation moderne.

MCT

les triglycérides à chaîne moyenne (une huile)

Les MCT (triglycérides à chaîne moyenne) sont des graisses particulières, surtout issues de la noix de coco, que le corps absorbe et brûle vite, presque comme un carburant immédiat — d'où leur usage pour l'énergie ou dans certains régimes. Utiles dans des cas précis, ils restent des graisses caloriques : ni un remède, ni un aliment magique.

Adaptogène

une plante qui aide le corps à mieux encaisser le stress

On appelle « adaptogènes » certaines plantes (ashwagandha, rhodiola, éleuthérocoque…) réputées aider le corps à mieux encaisser le stress, en modérant sa réponse plutôt qu'en le stimulant ou en l'assommant. Le concept est séduisant et quelques données existent, mais restent limitées ; ce sont des plantes actives, pas des bonbons, et elles peuvent interagir avec des traitements.

Phytoestrogènes · lignanes

des composés végétaux qui imitent doucement les œstrogènes

Les phytoestrogènes (soja, lin et ses lignanes, légumineuses) sont des composés végétaux dont la forme ressemble à celle des œstrogènes : ils se posent sur les mêmes récepteurs et exercent un effet hormonal très doux. Selon le contexte, ils imitent faiblement l'œstrogène ou en freinent l'effet. Longtemps craints à tort, ils sont pour la plupart des gens bénéfiques ; la prudence ne concerne que certaines situations hormonosensibles.

Polyphénols

des antioxydants venus des plantes

Les polyphénols forment une immense famille de composés protecteurs fabriqués par les plantes (thé, café, cacao, baies, olive, épices…), largement responsables de leurs couleurs et de leur amertume. Antioxydants et anti-inflammatoires, ils nourrissent aussi le microbiote, qui les transforme en substances bénéfiques. C'est l'une des raisons pour lesquelles « manger coloré et végétal » n'est pas un slogan mais un vrai levier.

Silymarine

Le principe actif du chardon-Marie qui protège les cellules du foie et aide à les régénérer.

Berbérine

Une molécule de plantes (épine-vinette) qui agit sur le sucre sanguin par la même voie que la metformine (l'AMPK).

Oleuropéine

Le principe actif des feuilles d'olivier, qui aide à faire baisser la tension et le sucre.

Glycyrrhizine

La molécule sucrée de la réglisse : elle prolonge l'action du cortisol — d'où la prudence en cas d'hypertension (elle retient le sel).

Allantoïne

Le principe actif de la consoude qui stimule la multiplication des cellules — d'où son usage sur les bosses et les entorses.

Alcaloïdes pyrrolizidiniques

Des molécules toxiques pour le foie présentes dans certaines plantes (consoude) : raison pour laquelle on ne les avale pas et on les applique seulement sur peau intacte.

Phytoestrogène

Une molécule végétale (soja, sauge, réglisse) qui imite faiblement les œstrogènes — d'où la prudence en cas de cancer hormonosensible.

Cétones

En aromathérapie, des molécules (menthe, sauge) efficaces mais neurotoxiques et abortives : interdites chez le bébé, la femme enceinte et l'épileptique.

Cinéole

La molécule majeure des huiles essentielles respiratoires (eucalyptus, ravintsara) : elle dégage les bronches.

Eugénol

Le principe actif du clou de girofle : antalgique dentaire et antibactérien puissant, mais irritant à l'état pur.

Salicylate de méthyle

La molécule « aspirine » de la gaulthérie, qui calme les douleurs musculaires en application locale — mêmes précautions que l'aspirine.

Méthylglyoxal

Le composé qui donne au miel de Manuka son pouvoir antibactérien renforcé (indiqué par l'indice MGO).

CYP450

La grande famille d'enzymes du foie qui dégrade la plupart des médicaments. Certaines plantes l'accélèrent ou la freinent — d'où des interactions.

CYP3A4

L'enzyme du foie (famille CYP450) qui métabolise le plus de médicaments. La freiner ou l'accélérer modifie leur dose efficace.

Le CYP3A4 est l'enzyme du foie qui dégrade le plus grand nombre de médicaments. Tout ce qui l'accélère ou le freine change la dose réellement active d'un traitement — d'où des interactions parfois sérieuses. Exemple connu : le pamplemousse le freine, ce qui peut faire grimper la concentration de certains médicaments. C'est pourquoi on signale toujours ce qu'on prend, plantes comprises.

P-gp

La glycoprotéine P — une « pompe » des cellules qui rejette certains médicaments. La bloquer augmente leur concentration (digoxine, colchicine).

AMPK

L'« interrupteur d'économie d'énergie » de la cellule : l'enzyme que la metformine et la berbérine activent pour faire baisser le sucre.

L'AMPK est l'« interrupteur d'économie d'énergie » de la cellule : elle s'allume quand les réserves baissent (jeûne, effort) et pousse le corps à brûler ses stocks plutôt qu'à les mettre de côté. C'est la voie qu'activent l'exercice, la metformine et la berbérine pour faire baisser le sucre. La comprendre, c'est voir pourquoi bouger et espacer les repas agissent sur le même levier qu'un médicament du diabète.

GLUT-4

La « porte » qui laisse entrer le sucre dans les cellules musculaires, normalement ouverte par l'insuline.

GLUT-4 est la « porte » par laquelle le sucre entre dans les cellules des muscles et de la graisse. Normalement, c'est l'insuline qui l'ouvre. Fait remarquable : la contraction musculaire l'ouvre aussi, sans insuline — c'est pourquoi une simple marche après le repas fait baisser la glycémie, et pourquoi le muscle actif est un allié majeur contre la résistance à l'insuline.

TNF-alpha

Une molécule-signal de l'inflammation (facteur de nécrose tumorale) : trop élevée, elle entretient une inflammation chronique.

Le TNF-alpha est l'un des messagers les plus puissants de l'inflammation. Indispensable pour combattre une infection, il devient nuisible quand il reste élevé en permanence, entretenant l'inflammation chronique. Il est si central que des médicaments majeurs de certaines maladies inflammatoires (polyarthrite, MICI) consistent précisément à le bloquer.

COX-2

L'enzyme de l'inflammation et de la douleur que bloquent l'aspirine et l'ibuprofène (la cyclo-oxygénase 2).

La COX-2 (cyclo-oxygénase 2) est l'enzyme qui fabrique les prostaglandines de l'inflammation et de la douleur. C'est elle que bloquent l'aspirine et les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène pour soulager. Sa cousine COX-1, elle, protège l'estomac — et comme les AINS classiques bloquent les deux, ils calment la douleur mais peuvent irriter l'estomac.

Béta-glucanes

Des fibres particulières (avoine, orge et surtout champignons médicinaux) qui stimulent l'immunité et aident à faire baisser le cholestérol.

Télomères

les embouts qui protègent nos chromosomes ; ils se raccourcissent à chaque division de nos cellules — un peu le compteur d'âge de nos cellules.

Mitochondrie

les petites centrales à énergie de nos cellules ; quand elles faiblissent avec l'âge, tout le corps manque de carburant.

Les mitochondries sont les minuscules centrales électriques de nos cellules : elles transforment ce qu'on mange et l'oxygène qu'on respire en énergie utilisable. Quand elles vieillissent ou se raréfient, tout le corps manque de carburant — d'où une part de la fatigue et de la fragilité de l'âge. L'activité physique, elle, pousse le corps à en fabriquer de nouvelles : c'est un des mécanismes profonds de ses bienfaits.

Stress oxydatif

une « rouille » interne : l'usure de nos cellules quand les radicaux libres dépassent nos défenses antioxydantes.

Le stress oxydatif est une sorte de « rouille » interne : en produisant de l'énergie, nos cellules génèrent des déchets très réactifs (les radicaux libres), que des défenses antioxydantes neutralisent normalement. Quand les déchets dépassent les défenses, ils abîment les cellules. Ce n'est pas qu'on manque d'antioxydants miracles : c'est l'équilibre entre production et protection qui compte, et le mode de vie l'influence des deux côtés.

Radicaux libres

des déchets très réactifs produits par nos cellules ; en excès, ils les abîment — c'est le stress oxydatif.

Les radicaux libres sont des molécules instables et très réactives, produites normalement par nos cellules (respiration, immunité) et par l'extérieur (tabac, pollution, soleil). À dose normale, ils sont même utiles ; en excès, ils s'attaquent aux cellules et provoquent le stress oxydatif. Les antioxydants de l'alimentation aident à les tenir en respect — mais en avaler à hautes doses en compléments n'est pas forcément mieux.

Sénescence

l'état de cellules « zombies » : trop vieilles pour se diviser, elles refusent de mourir et polluent leur voisinage.

Une cellule sénescente est une cellule « zombie » : trop endommagée pour se multiplier encore, mais qui refuse de mourir. Elle s'installe et, surtout, pollue son voisinage en libérant des substances inflammatoires. Ces cellules s'accumulent avec l'âge et participent activement au vieillissement des tissus — d'où l'intérêt de la recherche pour les éliminer ou les faire taire.

SASP

les substances inflammatoires que libèrent les cellules « zombies » (sénescentes) et qui font vieillir les cellules d'à côté.

Le SASP désigne le cocktail de substances inflammatoires que libèrent les cellules sénescentes (les « zombies »). C'est par lui qu'une cellule vieillie contamine ses voisines et propage l'inflammation et le vieillissement de proche en proche. Comprendre ce mécanisme, c'est comprendre pourquoi le vieillissement a une forte composante inflammatoire — l'« inflammaging ».

Inflammaging

l'inflammation chronique et silencieuse qui s'installe avec l'âge (de l'anglais inflammation + aging, vieillissement).

« Inflammaging » (de l'anglais inflammation + aging, vieillissement) nomme l'inflammation chronique, discrète et permanente qui s'installe avec l'âge. Elle relie entre elles la plupart des maladies du vieillissement — cœur, cerveau, métabolisme, articulations — sous un même dénominateur. C'est la version « au fil des ans » de l'inflammation de bas grade, et la cible commune d'un mode de vie protecteur.

NAD

une molécule-carburant présente dans chaque cellule, indispensable à la production d'énergie ; son taux baisse en vieillissant.

Le NAD est une molécule-carburant présente dans chaque cellule, indispensable pour produire de l'énergie et réparer l'ADN. Son taux baisse en vieillissant, ce qui contribue à la panne d'énergie de l'âge. C'est pourquoi il fait l'objet de recherches (et de compléments à la mode, comme le NMN) — prometteuses, mais encore loin d'être des certitudes chez l'humain.

Collagène

la protéine-charpente de la peau, des tendons, des os et des articulations ; elle se raréfie avec l'âge.

Le collagène est la protéine-charpente du corps : il donne sa tenue à la peau, sa solidité aux os et aux tendons, sa souplesse aux articulations et aux vaisseaux. On en fabrique moins avec l'âge, d'où rides, articulations plus raides et os plus fragiles. Les apports en protéines de qualité et en vitamine C (nécessaire à sa fabrication), et l'exercice, comptent plus que la plupart des poudres vendues comme miracles.

Bon à savoir. Ce décodeur explique les mots ; il ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas votre médecin. Un résultat isolé ne veut rien dire seul : c'est l'ensemble, et votre situation, qui comptent.