Le Décodeur santé · Hormones & métabolisme

Hashimoto

une maladie où le corps attaque sa propre thyroïde

La thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune où le système de défense s'attaque, à tort, à la propre thyroïde de la personne, qui s'épuise peu à peu et finit par tourner au ralenti. C'est la première cause d'hypothyroïdie. On ne cherche pas à « booster » l'immunité dans ce cas — elle est déjà mal dirigée ; on remplace l'hormone qui manque et on prend soin du terrain.

La première cause d'hypothyroïdie dans les pays où l'iode ne manque pas

Les sources s'accordent : la thyroïdite de Hashimoto est la cause la plus fréquente d'hypothyroïdie (thyroïde au ralenti) dans les régions où l'apport en iode est suffisant. C'est une inflammation auto-immune chronique du tissu de la thyroïde, associée à des anticorps dirigés contre elle.

Comment on la reconnaît

Le dosage des anticorps anti-TPO est central : des taux nettement élevés sont plus spécifiques de la maladie (voir la fiche Anti-TPO). Les analyses de la fonction thyroïdienne (TSH, T4 libre) et l'échographie complètent le tableau. La TSH est l'outil de dépistage et de suivi le plus sensible (voir la fiche TSH).

Les signes

Un goitre, c'est-à-dire une thyroïde gonflée, qui est le plus souvent indolore, ferme, plus caoutchouteux qu'une thyroïde normale, lisse ou nodulaire. Si la thyroïde ralentit : fatigue, prise de poids, intolérance au froid, constipation, déprime, douleurs musculaires, règles abondantes, peau sèche. Beaucoup de patients ont des signes discrets, et certains sont encore « euthyroïdiens » (hormones normales). Dans une cohorte indienne de 144 patients, 68 % avaient un goitre diffus, 69 % étaient cliniquement euthyroïdiens et 46 % avaient une hypothyroïdie biologique légère.

Et ensuite

Quand une hypothyroïdie s'installe, une substitution par la lévothyroxine, à vie, est en général nécessaire selon les références cliniques. La décision et la dose reviennent au médecin (voir la fiche Hypothyroïdie).

Questions fréquentes

Des anti-TPO positifs signifient-ils que j'ai Hashimoto ? Pas forcément : ils sont présents chez environ une personne sur dix (voir la fiche Anti-TPO) ; le médecin regarde aussi la TSH. Faut-il traiter si la thyroïde fonctionne encore normalement ? Cette fiche ne tranche pas : c'est une décision médicale. Y a-t-il un lien avec l'alimentation ? Les sources de cette fiche n'en parlent pas ; voir le livre du collectif sur la thyroïde.

Sources

  • Manuel MSD, thyroïdite de Hashimoto — msdmanuals.com
  • American Family Physician, thyroïdites : évaluation et traitement, 2021 — aafp.org
  • Étude clinique, biochimique et cytomorphologique de la thyroïdite de Hashimoto (PMC) — pmc.ncbi.nlm.nih.gov
  • Approche combinée pour détecter la thyroïdite de Hashimoto asymptomatique (PMC) — pmc.ncbi.nlm.nih.gov
Bon à savoir. Ce décodeur explique les mots — il ne remplace ni un diagnostic ni votre médecin. Un chiffre isolé ne veut rien dire seul : c'est l'ensemble, et votre soignant, qui l'interprètent. On décode pour comprendre, jamais pour s'auto-traiter.

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