Cholestérol · LDL · HDL
le total · le « mauvais » · le « bon »
Le bilan lipidique distingue le cholestérol total, le LDL (dit « mauvais », qui dépose dans les artères) et le HDL (dit « bon », qui ramène le cholestérol vers le foie). Le cholestérol n'est pas un poison : le corps en a besoin. Mais un excès de particules LDL, sur la durée, encrasse les artères. Le chiffre à suivre de près est le LDL, à mettre en balance avec le risque cardiovasculaire global, pas isolément.
Faut-il être à jeun ?
Pas forcément. Un consensus de la Société européenne d'athérosclérose et de la Fédération européenne de chimie clinique (2016) conclut que le jeûne n'est pas nécessaire en routine : les variations après un repas sont faibles pour le cholestérol total et le LDL, et le HDL n'est pas affecté. Votre laboratoire peut toutefois avoir sa propre consigne.
Les objectifs reconnus : des cibles, pas des « normales »
Le LDL n'a pas une seule valeur « normale » : l'objectif dépend du risque cardiovasculaire de la personne, évalué par le médecin. Les recommandations européennes de 2019 (Société européenne de cardiologie et Société européenne d'athérosclérose) fixent, pour les personnes à très haut risque, un LDL inférieur à 55 mg/dL (1,4 mmol/L) avec une baisse d'au moins 50 % par rapport au départ ; pour les personnes à haut risque, inférieur à 70 mg/dL (1,8 mmol/L), avec la même baisse. Sont à très haut risque, par exemple, les personnes qui ont déjà eu une maladie cardiovasculaire, un diabète avec atteinte d'organes, une maladie rénale sévère ou un risque calculé élevé. Pour les autres niveaux de risque, nous n'avons pas retrouvé les valeurs dans nos sources : c'est le médecin qui les fixe.
Ce qui peut faire monter le LDL en dehors de l'alimentation
Le Manuel MSD range parmi les causes fréquentes d'un LDL élevé une hypothyroïdie (thyroïde au ralenti), une maladie chronique du rein, certaines maladies cholestatiques du foie comme la cirrhose biliaire primitive, et plusieurs médicaments : diurétiques thiazidiques, bêtabloquants, rétinoïdes, ciclosporine, tacrolimus, progestatifs, corticoïdes. Quand une cause secondaire existe, la piste est de la traiter, et une revue note qu'un traitement par statine sans corriger une hypothyroïdie peut provoquer des douleurs musculaires sévères.
Questions fréquentes
Un LDL élevé est-il un danger immédiat ? Non : il s'apprécie sur la durée et avec le risque global (âge, tension, tabac, diabète, antécédents). Le HDL « bon » est-il à augmenter à tout prix ? Le Décodeur ne donne pas de cible pour le HDL, faute de consensus aussi net que pour le LDL dans nos sources. Hypothyroïdie et cholestérol : un lien ? Oui, l'hypothyroïdie fait partie des causes connues d'un LDL élevé (voir la fiche TSH).Sources
- Société européenne de cardiologie et Société européenne d'athérosclérose, recommandations sur les dyslipidémies, 2019 (synthèse ACC) — acc.org
- Nordestgaard et coll., consensus EAS/EFLM sur le jeûne, European Heart Journal, 2016 — acc.org
- Manuel MSD, dyslipidémie (version professionnelle) — msdmanuals.com
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