Santé

Aspartame : l’illusion du sans sucre

En juillet 2023, le CIRC — le Centre International de Recherche sur
le Cancer, agence de l’OMS — a classé l’aspartame comme “cancérigène
possible pour l’homme”.

La réaction de l’industrie a été immédiate : communiqués rassurants,
experts disponibles, messages simplifiés. “Les doses consommées restent
sans danger.” Le bruit médiatique a duré 48 heures. Puis le sujet a
disparu.

L’aspartame est dans 6 000 produits alimentaires. Il est dans votre
Coca Light depuis 1983. Il est dans vos chewing-gums, vos yaourts
allégés, vos médicaments en sirop, vos vitamines à croquer. Quarante ans
de présence quotidienne dans l’alimentation de centaines de millions de
personnes.

L’histoire commence mal

L’aspartame a été découvert en 1965 par accident dans un laboratoire
de Searle — aujourd’hui Monsanto, aujourd’hui Bayer. Sa mise sur le
marché a été bloquée pendant quinze ans par la FDA, qui jugeait les
études de sécurité insuffisantes.

En 1981, Donald Rumsfeld — alors PDG de Searle, ancien secrétaire à
la Défense, futur secrétaire à la Défense — obtient l’autorisation. La
FDA venait de changer de directeur. Le nouveau directeur nommera plus
tard des membres de Searle à des postes clés de l’agence.

Ce n’est pas une théorie. C’est dans les archives du Congrès
américain.

Le mécanisme qui n’a jamais été dit

L’aspartame est présenté comme une alternative au sucre parce qu’il
n’apporte pas de calories. Ce que les publicités ne disent pas : il
stimule la sécrétion d’insuline sans apporter de glucose.

Le résultat ? Le corps attend du sucre. Il n’en reçoit pas. La
glycémie chute. Les fringales augmentent. La consommation calorique
totale ne diminue pas — elle augmente.

Les études de cohorte le confirment : les consommateurs réguliers de
boissons “light” ont un tour de taille plus élevé et un risque de
diabète de type 2 plus important que les non-consommateurs. Le paradoxe
des boissons allégées qui font grossir est documenté depuis 2008 dans le
American Journal of Clinical Nutrition.

Ce que l’aspartame fait au microbiome

Une étude publiée dans Cell en 2022 (Weizmann Institute)
montre que l’aspartame, la saccharine et le sucralose modifient
significativement la composition du microbiome intestinal en moins de
deux semaines de consommation. Les bactéries bénéfiques diminuent. La
perméabilité intestinale augmente.

Le microbiome, c’est 38 000 milliards de bactéries. C’est le deuxième
cerveau. C’est le premier rempart immunitaire. Le perturber n’est pas
anodin.

Le problème des études

Sur les 168 études disponibles sur l’aspartame au moment de
l’autorisation européenne, une analyse publiée dans European Journal
of Clinical Nutrition
en 2013 a identifié un biais systématique :
100% des études favorables à l’aspartame étaient financées par
l’industrie. 92% des études indépendantes trouvaient des effets
négatifs.

Ce n’est pas une coïncidence. C’est une méthode.

Ce que “cancérigène possible” signifie
réellement

La classification du CIRC est mal comprise. “Cancérigène possible”
(groupe 2B) ne signifie pas “cancérigène prouvé”. Cela signifie qu’il
existe des preuves limitées chez l’homme, insuffisantes pour conclure,
suffisantes pour ne pas conclure à l’absence de risque.

Dans le même groupe 2B : l’aloe vera, les pickles, le talc. Dans le
groupe 1 (cancérigène certain) : l’alcool, la charcuterie, le tabac.

La question n’est donc pas “l’aspartame donne-t-il le cancer ?” La
question est : pourquoi prendre le risque quand l’alternative — boire de
l’eau — est disponible, gratuite et sans effet secondaire ?

La conclusion que l’industrie ne veut pas que vous
tiriez

Le sucre fait grossir et crée une dépendance. L’aspartame ne fait pas
maigrir et perturbe la métabolisme. Les deux sont omniprésents dans
l’alimentation industrielle.

La vraie question n’est pas de choisir entre les deux. C’est de se
demander pourquoi l’alimentation industrielle a besoin de l’un ou de
l’autre dans presque tous ses produits.

La réponse, vous la connaissez déjà : pour que vous reveniez.


Pour aller plus loin :Santé et AlimentationLa Bible de
l’Alimentation Anti-Inflammatoire

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