Une lectrice m’a écrit, l’an dernier, une phrase que je n’ai pas oubliée. Son mari, diabétique depuis vingt ans, venait de recevoir un diagnostic de troubles cognitifs. « On m’a toujours parlé de son cœur, de ses reins, de ses yeux, de ses pieds. Jamais de sa tête. Et voilà que c’est sa tête qui lâche. Est-ce que les deux ont quelque chose à voir ? »
Elle ne demandait pas qu’on la rassure. Elle demandait un chiffre, une étude, quelque chose de solide à quoi se tenir. Ce livre est écrit pour elle, et pour tous ceux qui se posent la même question.
En 2008, deux chercheuses, de la Monte et Wands, proposent une expression appelée à faire du bruit : « diabète de type 3 ». L’idée : la maladie d’Alzheimer pourrait être, au moins en partie, une résistance à l’insuline propre au cerveau.
Soyons clairs dès la première page, car ce livre ne vous mentira pas : ce terme reste une hypothèse contestée. Ni l’Organisation mondiale de la santé, ni l’American Diabetes Association ne le reconnaissent comme un diagnostic. On ne peut pas « avoir » un diabète de type 3 au sens où l’on a un diabète de type 2.
Mais derrière ce mot discuté se cache un fait, lui, beaucoup mieux établi :
Trois analyses indépendantes, des millions de personnes, une même direction. À l’échelle de la recherche médicale, c’est un signal robuste.
Tout ce qui précède établit une association, pas une preuve de cause à effet. C’est la distinction la plus importante de tout l’ouvrage — celle qu’on escamote dans les articles pressés.
Plusieurs explications peuvent coexister : le sucre et l’insuline abîment peut-être le cerveau ; ou bien un terrain commun (petits vaisseaux, inflammation de fond) favorise à la fois le diabète et la démence ; ou encore, dans certains cas, une démence qui débute dérègle le contrôle de la glycémie (la « causalité inverse »). Garder cette frontière nette, c’est se protéger des marchands d’espoir comme des marchands de peur.
Le livre explore, en les présentant pour ce qu’elles sont — des mécanismes plausibles, pas des certitudes :
Voici la partie qui rend une part de contrôle, sans jamais survendre :
Et un avertissement tenu jusqu’au bout : à ce jour, aucun traitement ne guérit la maladie d’Alzheimer. L’amélioration métabolique est un fait ; qu’elle protège le cerveau reste une espérance à confirmer.
Un état des lieux honnête d’un sujet souvent déformé — entre titres anxiogènes et promesses creuses. Vous saurez ce que la science a mesuré, ce qu’elle suppose, et où passe la ligne entre les deux.
Une boussole pour agir sur le modifiable : glycémie, alimentation, activité, sommeil — les facteurs métaboliques sur lesquels on a prise, présentés sans culpabilisation.
La sérénité de comprendre. Non pas une certitude, qui n’existe pas, mais un fait assez solide pour cesser de regarder la tête et le sucre comme deux histoires sans rapport.
Par Jocelyne Vernet, ancienne aide-soignante et documentaliste, dans la collection Comprendre sa santé. Tout est sourcé dans le texte. « Votre médecin a quinze minutes. Ce livre a tout le temps. »
162 pages — 9,00 €
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