Résilience, autonomie et renouveau dans un monde qui change d’ordre.
En 1930, l’économiste John Maynard Keynes publie Perspectives économiques pour nos petits-enfants. Il y fait une prévision : d’ici cent ans, grâce aux gains de productivité et au progrès technologique, les sociétés développées seraient si riches que leurs habitants travailleraient quinze heures par semaine — consacrant le reste de leur temps au loisir, à la culture, aux relations humaines.
Keynes n’était pas un rêveur. C’était l’économiste le plus influent du XXᵉ siècle. Sa prévision était raisonnable — et la productivité a, de fait, largement dépassé ses calculs.
Nous sommes en 2026. La richesse promise existe. Le temps libre, non.
À qui sont allés les gains ? C’est la question que personne ne pose. C’est la question de ce livre.
La série Résilience propose un parcours en plusieurs volumes pour reconstruire son autonomie quotidienne — alimentaire, sanitaire, énergétique, intellectuelle, financière. Les tomes suivants décrivent des pratiques concrètes : Le Jardin Vivant, La Bible de la Conservation, Quand on est seul, L’Apothicaire.
Ce volume — R0 — fait autre chose. Il ne décrit pas les pratiques. Il décrit pourquoi ces pratiques deviennent nécessaires.
Ce n’est pas un commentaire d’actualité. C’est une analyse des fragilités structurelles que la transition d’ordre actuelle révèle : fragilités énergétiques, alimentaires, monétaires, démocratiques.
La prochaine vague de gains de productivité a un nom : l’intelligence artificielle. Et elle pose la question de Keynes avec une acuité nouvelle.
Le livre examine ce que l’IA va détruire — non par catastrophisme, mais par observation : quels métiers, quelles fonctions, quelles formes de valeur. Avec des portraits concrets de la disruption déjà en cours.
Puis la question décisive : à qui appartient l’IA ? Si la valeur produite par l’automatisation se concentre — comme se sont concentrés les gains de productivité du siècle dernier —, le résultat est prévisible. Si elle se distribue, l’histoire peut s’écrire autrement.
Le livre n’en reste pas au diagnostic. Il examine sérieusement les pistes :
Le revenu universel. Son histoire — une idée bien plus ancienne qu’on ne le croit —, les expérimentations menées, et les objections sérieuses (financement, effet sur le travail, inflation). Sans angélisme.
Les communs numériques. Soustraire des pans de l’infrastructure à la logique de capture privée.
Les outils de démocratie réelle. Au-delà du vote intermittent — comment redonner une prise.
L’autonomie locale, telle que la série la développe dans les tomes suivants, n’est pas une lubie ni une posture survivaliste. C’est la réponse rationnelle à des dépendances dont la viabilité n’est plus garantie.
Le livre se prolonge par des analyses appliquées — la mécanique des empires en déclin, Detroit comme « répétition générale » d’un effondrement local, la lecture des chocs contemporains — qui montrent, sur des cas réels, ce qu’une dépendance non préparée produit concrètement.
La richesse promise par Keynes existe. Le temps libre, non. La question est : à qui appartient demain ?
Commencer par le socle
Ce livre répond à votre question. Le socle répond à celle qui est en dessous — pourquoi cela s'est installé, et pourquoi, si le terrain ne change pas, autre chose prendra le relais.
Dans la même série — Résilience