Santé

Vitamine D — carence épidémique et intérêt à la maintenir

En Belgique, en France, aux Pays-Bas — dans la totalité de l’Europe
du Nord et de l’Ouest — entre 70 et 80% de la population présente des
taux sanguins de vitamine D inférieurs aux seuils recommandés. Dans
certaines populations, ce chiffre dépasse 90%.

Ce n’est pas une carence marginale. C’est une carence de masse. Et
elle est maintenue, structurellement, depuis des décennies.

Ce que la vitamine D fait réellement

La vitamine D n’est pas une vitamine au sens strict. C’est une
prohormone. Le calcitriol — sa forme active — se fixe sur des récepteurs
présents dans presque tous les tissus de l’organisme. Il régule
l’expression de plus de 200 gènes.

Ses fonctions documentées : régulation du système immunitaire inné et
adaptatif, stimulation des peptides antimicrobiens, modulation de
l’inflammation. Santé osseuse — sans vitamine D, le calcium alimentaire
ne peut pas être correctement absorbé. Santé cardiovasculaire — des taux
bas sont associés à l’hypertension et à l’insuffisance cardiaque. Santé
neurologique — le cerveau contient des récepteurs à la vitamine D dans
les zones liées à la dépression et à la régulation émotionnelle. Elle
est impliquée dans la synthèse de la sérotonine. Des méta-analyses la
corrèlent inversement avec plusieurs cancers.

Le COVID et les données ignorées

Entre 2020 et 2021, une série d’études a établi une corrélation
statistiquement significative entre déficience en vitamine D et formes
graves de COVID-19.

Une méta-analyse de 2021 dans le Journal of Clinical
Endocrinology & Metabolism
(26 études) : les patients
hospitalisés pour COVID avaient des taux de vitamine D significativement
plus bas. Une étude espagnole (Castillo et al., 2020) : l’administration
de calcifédiol réduisait de 96% les admissions en soins intensifs.

Ces données étaient disponibles dès l’automne 2020. Les
recommandations officielles n’ont pas intégré la supplémentation
systématique.

La vitamine D coûte quelques centimes par jour. Elle ne peut pas être
brevetée sous sa forme naturelle.

La mécanique de la carence maintenue

Les crèmes solaires indice 30+ bloquent 95 à 99% de la synthèse
cutanée de vitamine D. Les campagnes “protégez-vous du soleil” sont
médicalement justifiées pour les expositions excessives. Elles ont aussi
produit un effet de bord massif : une population entière privée de sa
principale source gratuite de vitamine D.

Le soleil est gratuit. Les médicaments qui traitent les conséquences
de la carence — ostéoporose, dépression, infections à répétition — sont
payants.

La question n’est pas “qui a décidé de rendre les gens carencés”. La
question est “quels systèmes ont intérêt à ce que la carence persiste”.
La réponse n’est pas une organisation secrète. C’est une mécanique
d’incentives. Elle n’a pas besoin d’être coordonnée pour
fonctionner.

Ce qu’il faut savoir

Le taux optimal (25-OH vitamine D) est situé entre 40 et 80 ng/mL
selon les chercheurs spécialisés — non pas les 20 ng/mL des
recommandations officielles. Un bilan sanguin coûte quelques euros. Une
supplémentation de 2 000 à 4 000 UI par jour en hiver est sûre pour la
plupart des adultes. Une exposition de 15-20 minutes entre 11h et 15h en
été suffit à produire 10 000 à 20 000 UI.

L’information existe. Elle est accessible. Ce qui la rend peu
intéressante à diffuser à grande échelle, c’est précisément ça.


Pour aller plus loin :La Bible des Compléments
Alimentaires
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Bilan Sanguin

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